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Ce que je ramène dans mes valises

Conférence internationale de l’AFP

 

Quand on est un jeune professionnel et qu’on se voit offrir de participer à la plus importante conférence de son secteur d’activité à San Francisco, impossible de dire non. On saisit la balle au bond et on fonce. On regarde frénétiquement l’horaire et les photos des éditions passées et les commentaires des participants d’alors pour rêver. J’ai déjà beaucoup voyagé, mais c’était mon premier voyage d’affaires.

 

Qu’est-ce que la conférence internationale de l’AFP?

Il s’agit d’une conférence annuelle réunissant des milliers d’acteurs en collecte de fonds à travers le monde durant trois jours. Tous les sujets imaginables sont couverts, allant de Accepter des dons de Pablo Escobar et autres dilemmes éthiques à Comment avoir du succès en collecte de fonds alors que les gens vous voient comme leur propre enfant. J’ai étrangement été interpelé par ce dernier. Il y a aussi un salon des exposants où l’on propose de nombreux outils pour supporter les OBNL dans l’atteinte de leurs objectifs philanthropiques, une librairie présentant les meilleurs ouvrages du secteur et de nombreuses autres surprises.

Pendant 5 jours, j’ai été inondé de ce qui se fait de mieux dans le secteur philanthropique. J’ai rencontré les sommités du domaine et, fait plutôt rare, j’ai pu échanger avec des gens qui font la même chose que moi. J’en reviens inspiré et motivé.

Mais maintenant, comment donner de la valeur à cette occasion qui était également une mission professionnelle? Libre à moi d’absorber toutes ces nouvelles connaissances, mais je me devais également d’en tirer quelque chose à transmettre aux autres. Pour mes confrères et consœurs chez BNP Performance Philanthropique, pour nos clients et pour tous les acteurs du secteur philanthropique québécois. C’est ambitieux, j’en suis conscient, mais voilà, je me lance.

 

Ce que je ramène dans mes valises…

 

1. Partage avec mes pairs, formation et lecture

Cette année, en plus de la conférence, je suis devenu membre de l’AFP (Association of Fundraising Professionals). Je ne voulais pas que ce membership ne soit qu’une carte de plus dans mon portefeuille et un autre compte en ligne dont j’allais oublier le mot de passe. Les bonnes associations comme l’AFP, l’APGP, l’AFÉSAQ et plusieurs autres offrent énormément de matériel pertinent et combien utile (documentation, webinaires, formations, conférences, etc.). Nous devons nous en servir. Ce sont également des accès directs à des communautés de professionnels de tous les horizons qui ont beaucoup en commun avec nous et avec qui il est bon d’échanger.

Il en est de même pour la formation. Dans le secteur de la collecte de fonds, c’est le CFRE (Certified Fund Raising Executive) qui est reconnu, mais ce n’est pas une fin en soi. La formation continue est essentielle à la réussite de nos activités puisque notre secteur est en constante évolution et que de grands changements ont cours actuellement.

Simone Joyaux, ACFRE (Advanced Certified Fund Raising Executive) m’a donné un conseil qui peut sembler fort simple, mais qui est primordial: «Lis tout ce qui se fait sur la philanthropie. Les ouvrages, les sites Internet, les blogues, les articles, les infolettres, tout». Elle m’a fait réaliser que je ne lisais pas assez. Il est vrai que la majorité des parutions sont en anglais, mais elles rassemblent des informations de pointe que nous devons utiliser pour améliorer nos pratiques. Basons nos actions sur les résultats des recherches les plus récentes afin d’être efficaces et efficients. Notre crédibilité est centrale, car la collecte de fonds ne relève pas de la magie, mais repose sur des faits. À ce titre, je suggère fortement la lecture de tout ce qui a été écrit par Adrian Sargeant.

 

2. Impact social

Le concept d’impact social était au cœur de la conférence cette année. Plusieurs intervenants ont insisté sur l’importance de créer le changement et de le communiquer à la communauté. Il faut se rappeler qu’un message, ce n’est pas ce que nous disons, mais bien ce que les autres comprennent. Pour que la perception des gens face à la philanthropie évolue, il faut être en mesure d’adapter notre message, mais avant tout, il faut nous-mêmes pouvoir le verbaliser. Pour nous aider, Marcia Coné, Ph. D. et chef stratège du Women’s Funding Network, nous propose de répondre aux trois questions suivantes: le pourquoi? (la vision), le quoi? (la stratégie) et le comment? (l’exécution). Elle mentionne par ailleurs que les membres de CA devraient être des experts du «pourquoi».

En misant sur l’impact social, nous créons un mouvement qui fait passer une organisation d’un organisme qui a du succès à un organisme qui fait la différence. La subtilité est importante, particulièrement lorsque vient le temps de nous présenter devant un donateur potentiel. Le but ultime est qu’il en arrive à nous demander comment il peut aider, comment il peut faire partie de notre mouvement. Parce que oui, il faut être un mouvement et pas seulement un groupe de gens. Visons la synergie! Après tout, c’est tous ensemble qu’on crée de l’impact.

 

3. Les donateurs au centre de l’attention 

Sans le donateur, difficile d’avoir l’impact désiré. À plusieurs reprises au cours de mon séjour, j’ai observé l’insistance de mes collègues lorsqu’ils parlaient de la relation avec les donateurs. Il est essentiel de reconnaitre leurs efforts, de les impliquer et de ne pas communiquer avec eux seulement lorsque nous avons besoin d’argent. Nous voulons qu’ils deviennent eux-mêmes des agents de développement. Une étape simple à faire en ce sens est de leur demander pourquoi ils donnent à notre organisation. Cette simple question nous permet de mieux nous orienter, de mieux comprendre les motivations de ceux et celles qui nous appuient et ainsi, de mieux répondre à leurs besoins.

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi certaines personnes arrêtent de donner à votre organisme? Adrian Sargeant a couvert le sujet dans sa plus récente étude. Voici les raisons les plus souvent mentionnées par les personnes interrogées:

  • Elles n’ont plus la capacité de donner
  • Elles ne se souviennent pas d’avoir déjà donné pour votre cause
  • Elles continuent à donner, mais autrement (temps, connaissances, contacts, etc.)
  • Elles considèrent que d’autres causes sont plus importantes
  • Elles considèrent que vous n’avez plus besoin de leur soutien
  • Elles ont déménagé
  • Elles ne se sont pas fait solliciter pour un autre don

M. Sargeant s’est aussi penché sur ce qui fidélise les donateurs et trois aspects ressortent:

  • La satisfaction
  • La confiance
  • L’engagement

Ces informations, très concrètes, devraient être le fondement de nos interactions avec nos donateurs. Pour créer une relation plus forte et assurer une meilleure rétention de ceux-ci.

 

4. Le leadership

J’ai eu la chance d’assister à deux jours de préconférence portant sur le leadership avec Simone Joyaux et Nigel Harris, MBA, CFRE, FFIA et chef de la direction, Mater Foundation. Ce fut fort intéressant.

Plus le secteur se développe, plus une attention doit être accordée au leadership. J’ai parlé de synergie. Le leadership en est la bougie d’allumage, puisqu’il permet de renforcer les capacités de tout un chacun et de les réunir en un but commun. Un bon leader n’impose pas sa vision, il la transmet. Cette envie d’embarquer dans le navire doit transcender nos organismes. Tous les membres de l’équipe doivent faire preuve de leadership pour que nous puissions devenir des agents de changement. Appliquer des concepts théoriques sans que le leadership de l’équipe ne soit mis à contribution n’est pas un gage de succès. Il faut aussi autoriser et stimuler la pensée critique à l’intérieur de l’organisation. Ainsi, les employés se sentent écoutés et épaulés. Utilisez votre leadership pour créer un environnement de travail apprécié des employés. N’oubliez pas que les gens n’aiment pas les organismes où les employés ne semblent pas avoir de plaisir à travailler.

Je pourrais vous parler longtemps de leadership, mais je terminerai ainsi: le bon leader a la capacité d’avoir de l’impact sur les gens, de manière à ce qu’ils donnent le meilleur d’eux-mêmes. Il a la capacité de les motiver à s’engager vers la quête d’un objectif commun, à avoir de l'impact.

En terminant, j’insiste sur la motivation et l’inspiration que génèrent de tels événements. Lorsque l’on assiste à une conférence de Shiza Shahid, militante pour les droits humains et cofondatrice du Fonds Malala (prix Nobel de la Paix 2016) ou de Cleve Jones, activiste pour les droits humains et la lutte contre le SIDA et autrefois bras droit d’Harvey Milk, on se sent quelquefois un peu petit. Mais ce sentiment se transforme rapidement en une motivation plus ancrée, en un désir toujours plus fort d’en faire plus et d’aller plus loin.

 

Joël Brochu

Consultant

jbrochu@bnpperformance.com

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