La Grande Démission (The Great Resignation) n’est pas un mythe, un mouvement qui ne nous concerne pas ou une crise de la quarantaine chez les travailleurs. C’est l’effet cumulatif de grandes remises en question, de volonté de donner du sens à sa carrière et de notamment trouver un équilibre plus cohérent entre la vie personnelle et professionnelle. Cette Grande Démission, elle frappe fort et partout actuellement. Peu de secteurs sont épargnés et peu d’organisations y sont préparées.

Mais justement, alors que plusieurs se questionnent et cherchent un sens à ce qu’ils font sur une base quotidienne, un grand secteur qui constitue près de 9 % du PIB attend et espère que les talents se bousculent aux portes. Il s’agit du secteur des organismes à but non lucratif soit les organismes communautaires, les fondations et les associations. Cet ensemble emploie 2,5 millions de personnes dans notre pays qui, sur une base quotidienne, se lèvent chaque matin pour un objectif précis : changer le monde, ni plus ni moins ! 

Ainsi, dans le cadre des activités entourant la Journée nationale de la philanthropie célébrée le 15 novembre de chaque année, décortiquons quelques freins et idées préconçues que nous avons envers le secteur philanthropique.

Oui, mais ce n’est pas payant !

Ce n’est plus nécessairement le cas. Les salaires dans les OBNL ont profité d’un grand rattrapage dans les dernières années alors que le secteur se professionnalisait à vitesse Grand V. Il est donc possible d’obtenir des conditions de travail intéressantes, tant sur les aspects de la rémunération directe que sur les autres éléments de la rémunération globale, comme les régimes d’assurances collectives, un cadre de travail flexible et même les régimes de retraite.

Ce ne serait pas stratégique pour ma carrière

Aller œuvrer dans le secteur philanthropique ne doit plus être perçu comme un pas de recul ou un sous-secteur. Au contraire ! Ce secteur où circule plus de 14 milliards de dollars par année ne coïncide plus avec la charité au sens large. C’est un domaine où les compétences se sont raffinées, où l’expertise recherchée a évoluée et où chaque personne peut s’épanouir et se développer une carrière.

Et la sécurité d’emploi ?

Si vous êtes interpellé-e par la Grande Démission, c’est que la sécurité de l’emploi n’est pas votre critère numéro un lorsque vous cherchez l’employeur idéal. Cependant, sachez qu’il y a, comme partout, plus d’emplois disponibles que de candidats. Ainsi, votre talent est attendu et vous n’avez pas à craindre les constantes réorganisations d’entreprises que nous associons davantage au secteur privé.

Mais, est-ce que j’ai ce qu’il faut ?

Une réponse toute simple est simplement que oui. Les personnes qui débutent en philanthropie ont toutes un bagage qui leur est propre et qui permet facilement de transposer des aptitudes. Par exemple, si la collecte de fonds vous intéresse, un bagage en développement des affaires, en vente et en service à la clientèle fera de vous un-e candidat-e idéal-e. De plus, si vous avez à cœur le mieux-être des autres et avez « les valeurs aux bonnes places », vous êtes définitivement la personne qu’un organisme voudra recruter.

D’accord, mais je commence où ?

Il y a plusieurs portes d’entrée pour rejoindre le secteur philanthropique. Alors que certain-e-s débutent par quelques conférences pour se familiariser avec le secteur, d’autres se concentrent sur une formation accélérée ou le certificat universitaire. Également, certaines personnes font directement le saut dans une organisation et vont aller bénéficier de l’expertise de mentor. Tous les scénarios sont bons, complémentaires et contribuent à faciliter la transition dans le monde philanthropique.

Toujours pas convaincu-e ?

L’Association des professionnels en philanthropie (AFP) a créé un document La collecte de fonds, c’est génial qui saura vous convaincre. N’attendez plus, les organismes ont besoin de vous. Et vous avez peut-être besoin d’eux si la Grande Démission vous fait de l’œil. Vous pouvez, également, vous renseigner directement auprès de la section du Québec de l’AFP et découvrir tout un monde d’opportunités et de bienveillance.

Par Daniel H. Lanteigne, ASC, C.Dir., CFRE, CRHA