Billet d’opinion par Daniel H. Lanteigne, CFRE, CRHA

Bien que le concept de philanthropie basée sur la confiance ne soit pas nouveau en soi, il prend une place bien marquée depuis le début de l’année 2021. BNP Performance philanthropique souhaitait contribuer à cette nouvelle posture philanthropique ou du moins, à une réflexion nécessaire.

Il y a quelques jours à peine, les Fondations philanthropiques Canada et les Fondations communautaires du Canada présentaient un webinaire sur la question qui trouve écho dans nos valeurs profondes et dans ce qui, nous croyons, viendra changer la donne des relations dans notre écosystème.

Il faut savoir que le concept de philanthropie basée sur la confiance prend ses racines dans un ensemble de valeurs (diriger avec confiance, centrer les relations, collaborer avec humilité et curiosité, redistribuer le pouvoir, travailler pour l’équité systémique) qui nous permettent de non seulement comprendre, et également de faire face aux déséquilibres de pouvoir systémiques. Des déséquilibres qui s’articulent généralement entre les organismes et les donateurs (individus, institutions et fondations).

Pour qu’un climat basé sur la confiance s’installe, s’ancre et ultimement s’impose par la force des choses, il nous appartient de partager et de donner plus de pouvoir aux partenaires et aux organismes bénéficiaires qui sont les plus proches des problèmes et qui maitrisent mieux les enjeux que nous cherchons à résoudre.

Le Trust-based Philanthropic Project propose quelques applications terrain de ces principes en suggérant notamment de :

  • Offrir un financement pluriannuel sans restriction ;
  • Réduire et simplifier la documentation et les rapports à compléter ;
  • Se commettre à construire sur engagement des relations basées sur la transparence, le dialogue et l’apprentissage mutuel.

Pour plusieurs, ces recommandations ou ces invitations n’ont rien de nouveau (et c’est tant mieux). Mais pour d’autres, redistribuer les pouvoirs par ces quelques mécanismes demandera certainement de longues et ardues conversations puisque les obstacles ancrés dans certaines mentalités pourraient se dresser sur le chemin du changement.

Et il faut savoir que bien que le projet et la conférence s’adressent essentiellement aux fondations subventionnaires, ces recommandations s’appliquent, selon nous, à tous les acteurs de l’écosystème philanthropique. Ainsi, pour contribuer à la conversation, nous jugeons important que, peu importe le siège que nous occupons, nous prenons pleinement conscience de notre position et du pouvoir que nous avons. Puis, dans un deuxième temps, demandons-nous individuellement quelle force nous avons pour redistribuer ce pouvoir dans la chaîne décisionnelle des dons. 

Car la philanthropie basée sur la confiance ne doit certainement pas être qu’une mode ou un courant de pensée, mais une réelle intention pour le bien de celles et ceux qui bénéficient des organismes qui changent le monde chaque jour.

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