« Mens sana in corpore sano » qui signifie « Un esprit sain dans un corps sain » est une citation qui a été écrite par le poète romain Juvénal dans sa dixième Satire entre la fin du Ier et le début du IIème siècle. Elle est l’exacte représentation de ce qu’est la Santé d’un individu. 

En effet, celle-ci est composée à la fois de la santé physique, qui est liée au bon fonctionnement du corps. Un état de bonne santé indique que l’individu arrive et est aussi capable de répondre à tous ses besoins primaires. Iel n’est pas malade, Iel a assez mangé et bu, iel se sent bien, iel est satisfait(e) car iel est en forme. La santé physique est liée au bien-être physique, l’un ne va donc pas sans l’autre, puisqu’en se préoccupant de son bien-être, nous parvenons à maintenir une « bonne santé » et finalement à vivre plus sereinement.

Mais elle est aussi composée de la santé psychologique, dite mentale, qu’il ne faut surtout pas mettre de côté et qui est notre sujet principal à la suite de la semaine de Prévention de la Santé Mentale.

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Quelle est la différence entre la santé mentale et la maladie mentale ?

La santé mentale est fondamentale au bon fonctionnement des individu(e)s et représente LA composante essentielle de leur épanouissement personnel et professionnel ainsi que de l’accomplissement d’une vie stable, heureuse et saine. Elle leur permet à la fois de réaliser leur propre potentiel et d’évoluer en gérant toutes sortes de situations, agréables ou difficiles, mais aussi de nouveaux évènements qui pourraient remettre en question leur bien-être psychique et donc leur santé mentale. Elle comprend et est dépendante de la construction physique et sociale. À elle seule, elle est capable d’aider une personne à s’en sortir et à s’épanouir même en cas de problème de santé physique. Par exemple, si une femme découvre qu’elle souffre d’un cancer du sein, son état physique va être remis en question. C’est donc sa santé mentale qui va prendre le pas et qui va l’aider, lui donner du courage, la protéger et la préserver. Mais elle est à l’inverse, aussi bouleversée si, la santé physique et sociale de la personne n’est pas optimalement prise en charge.
Elle a donc un impact et une importance telle, que si elle n’est pas réellement respectée et prise en compte, elle mènera les individus à une éventuelle perte de repères et d’équilibre de vie.

En quelques mots, la santé mentale est « un état de bien-être physique, mental et social complet et n’est pas simplement l’absence de troubles mentaux ». Il ne faut surtout pas la confondre avec les maladies ou troubles mentaux.

En effet, un trouble mental se caractérise par « un ensemble de dérèglements au niveau des pensées, des émotions et du comportement qui reflètent un trouble biologique, psychologique ou développemental des fonctions mentales ». Un trouble mental est responsable d’un état de désespoir et de désolation chez les personnes souffrantes de ses répercussions puisqu’elles les perturbent, à la fois dans leur vie personnelle mais aussi professionnelle. Il faut tout de même souligner et préciser que certains troubles mentaux « causées par l’interaction entre des facteurs biologiques, génétiques, psychologiques et sociaux mènent à des perturbations dans le cerveau ».  Elle peut apparaitre « chez n’importe qui si des facteurs de risque suffisants sont réunis ». Ces troubles peuvent aussi être héréditaires, apparaître dès le plus jeune âge dans la vie d’un(e) individu(e), et peuvent se développer à la suite de chocs traumatiques, d’accidents, de consommation de stupéfiants etc. Ils nécessitent un réel suivi psychologique de la part de professionnel(le)s ainsi que, dans la plupart des cas, une médication.

Que signifie avoir une bonne santé mentale ?

Par conséquent, maintenir une bonne santé mentale est primordial, puisqu’elle va permettre aux personnes de s’épanouir, de s’intégrer au sein de la société, d’évoluer, d’aider leurs communautés, de travailler, d’être productif, de gérer leur stress, leurs maux, et surtout d’être heureuses avec elles-mêmes et avec les autres. Son objectif principal est de soutenir les individu(e)s pour qu’ils et elles parviennent à être en phase avec leurs propres émotions, leurs propres psychiques et ainsi, leur permettre de mener leur vie de la façon la plus saine, simple et équilibrée possible. Mais elle a aussi un rôle a plus grande échelle puisqu’elle va directement impacter les relations qui existent entre les individu(e)s et donc la société en tant que-t ’elle.

Longtemps mise de côté dans nos sociétés, la santé mentale n’était pas considérée comme suffisamment importante pour impacter et interpeller les individu(e)s. Seules certaines cultures n’oubliaient pas que le corps et l’esprit sont complémentaires et qu’ils permettent la prospérité des individus. C’est ce que nous observons chez les cultures autochtones ou chinoises. En séparant l’esprit du corps, le monde a pris un retard considérable quant au maintien et au développement du bien-être des individu(e)s.

C’est seulement depuis quelques années, avec la médiatisation des sujets suivants : harcèlement, anxiété, stress, burnout, dépression, troubles mentaux et suicide, que le public replace la santé mentale sur le devant de la scène.
Comme nous l’avons vu précédemment, la santé mentale a des objectifs personnels mais aussi communs puisqu’elle équilibre les relations humaines et le comportement des individu(e)s.

Alors, comment pouvez-vous en tant qu’individu(e) ou organisme communiquer au sujet de la santé mentale et déceler une potentielle détresse psychologique au sein de vos équipes ?

Quelles sont les étapes à considérer pour gérer la santé mentale de vos employé(e)s ?

En moyenne, un(e) individu(e) passe plus de la moitié de sa vie à travailler. Il est donc essentiel pour les entreprises et organismes d’établir des pratiques positives en matière de santé mentale pour la croissance et la prospérité de chaque individu(e). En effet, cette question de préservation était présente depuis longtemps au sein des organisations, mais c’est avec l’arrivée de la pandémie que nous avons été confronté(e)s à de nouveaux défis la bouleversant considérablement. La mise en place du télétravail, une socialisation limitée, une concentration du travail à la maison ; ont entraîné des répercussions telles, que ces défis ont immensément fait croître le niveau de stress des personnes, leur épuisement émotionnel ainsi que le nombre de burnouts ou encore de dépressions.

D’après l’article de Challenge.fr intitulé « Enquête sur le télétravail : stress, satisfaction et… tendinites », nous apprenons qu’en 2021 « les individus qui télétravaillent multiplient les problèmes de connexion, ils ont du mal à se familiariser avec les différents outils collaboratifs car ils ne sont pas habitués à travailler de cette façon. Et iels sont touchés par l’augmentation de troubles du sommeil et musculo-squelettiques lien avec l’allongement de la durée du travail et sans doute la baisse de l’activité physique globale. 37% présentent même des symptômes dépressifs aggravés par les risques d’isolement liés aux mesures sanitaires ».

Alors, voici les étapes que nous souhaitons vous partager pour communiquer au mieux sur la santé mentale au sein de votre organisme et proposer des actions utiles pour soutenir vos employé(e)s :

  1. Consulter le projet de loi C-65 sur le harcèlement et la violence et les guides IPG

De nouvelles mesures et lois parlementaires ont été présentées, telle que le projet de loi C-65 sur le harcèlement et la violence. « Ses nouvelles dispositions comprennent : une politique de prévention globale, la formation, un processus de règlement offrant plusieurs options de résolution et une meilleure collecte de données. Ces changements sont entrés en vigueur le 1er janvier 2021 et ont été accompagnés du nouveau Règlement sur la prévention du harcèlement et de la violence au travail. Il s’applique aux incidents survenus après le 1er janvier 2021 et à ceux dont l’employeur a eu connaissance pour la première fois le 1er janvier 2021 ou après ».

Des documents ont, de plus, été créés tels que des guides IPG, qui sont distribués aux employeurs et aux employé(e)s pour les aider à comprendre les questions de violence, de bien-être et de harcèlement sur le lieu de travail. De plus, la mise en place de mesures générales de protection des employé(e)s, comme l’article 147 du Code Canadien du Travail « interdit aux employeurs de prendre ou de menacer de prendre des mesures punitives contre les employé(e)s qui se sont conformés aux mesures du Code et du Règlement ».

Toutes ces mesures permettent aujourd’hui aux individu(e)s de lutter contre la violence préexistante et de préserver leur santé mentale.

  1. Identifier les signes avant-coureurs

Que votre organisme possède un service de ressources humaines ou qu’une personne soit dédiée à cette fonction, plusieurs facteurs permettent d’identifier les signes avant-coureurs qui mènent à l’épuisement professionnel, l’anxiété, la dépression, voire le suicide :

  1. Suivre des formations et des conférences sur la santé mentale : programme proposé par l’Association canadienne pour la santé mentale, cours offerts par la Commission de la santé mentale au Canada ;

  2. Développer une stratégie d’accompagnement en santé mentale : Q&A pour les employé(e)s, rendez-vous avec des psychologues, partage de vidéos de sensibilisation et de ressources informatives (Association canadienne pour la santé mentale) etc ;

  3. Promouvoir les programmes d’aide aux employé(e)s : la trousse 7 astuces pour aller mieux au travail, le Programmes d’aide aux employés (PAE) ;

  4. Faire appel aux organismes qui offrent un soutien en santé mentale : Tel-Aide, Ligne Parents, SOS violence conjugale, Info-Social 811, Centre de prévention du suicide, Réseau Avant de craquer.

Il est très important pour les organisations de prendre en compte que la santé mentale des individu(e)s est précieuse et qu’elles ont un véritable rôle à jouer quant à sa préservation. Et c’est principalement le cas avec la « pandémie, qui a depuis 2019, des conséquences négatives sur la santé mentale de 81% des personnes selon une étude de Morneau Shepell ». En effet, elle a augmenté le stress, l’anxiété, la peur du rejet, le manque de concentration lors du télétravail, les difficultés à concilier vie professionnelle et vie familiale, l’isolement et la peur de l’inconnu et de l’autre.

En adoptant et en déployant les actions présentées ci-dessus, les organisations vont  réellement faire changer les mentalités au sein de leurs structures et ainsi aider au mieux les individu(e)s.

 

Un article réalisé par Mathilde Duval.

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