Lors d’une récente rencontre de réseautage virtuelle (pandémie oblige), l’une des questions que nous avions en sous-groupe était la suivante : Si vous pouviez changer le passé ou prédire le futur, que choisiriez-vous, et pourquoi ?

Rien de moins comme question de réseautage ! Alors que je laissais les autres intervenir avec plus de réactivité que moi, j’essayais de trouver du sens à cette question dans mon parcours professionnel. Finalement, la question est devenue tout autre. Pourquoi voudrais-je changer mon passé sachant qu’il m’a mené jusqu’ici ?

Puis, je me suis demandé ce qui avait été le plus « payant » dans la gestion de ma carrière.

Et la réponse, aussi courte soit elle fut d’une évidence : l’impatience.

On vous a probablement déjà dit : « sois patient, ton tour viendra » (ou toute autre phrase qui vient généralement avec la déception de réaliser que nous n’aurons pas le poste, la promotion ou les responsabilités souhaités). On me l’a dit à plusieurs reprises. Souvent. Trop souvent !

Certes, il faut savoir reconnaître qui nous sommes et apprécier nos capacités et nos limites à leur juste mesure. Mais s’y restreindre a toujours constitué pour moi un frein au plein potentiel que je percevais en moi.

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Le plus difficile résulte de l’articulation de plusieurs facteurs : l’audace, l’impatience et sa courbe de développement. Alors comment balancer le tout ?

Laissez tout simplement tomber la balance. Tentez, osez et demandez.

Soyez audacieux, irrévérencieux même. Provoquez le destin au sein de votre organisation ou quittez la si vous sentez que l’on vous « sous-utilise » et que l’on ne maximise pas la contribution de votre réel potentiel.

Mais ne soyez pas insolent. Car le piège, s’il faut en retenir un, c’est celui-là. Faites vos calculs, analysez le marché, comparez-vous à l’interne et à l’externe et articulez votre réflexion. Si elle vous semble démesurée et totalement déconnectée, c’est probablement qu’elle l’est. Alors, retournez à la table à dessin et revoyez votre plan de match.  

En s’assoyant sur le statu quo et en pensant que nous serons reconnus ou promus « au mérite », le train risque de passer à plusieurs reprises devant nous. Cela n’arrive pas dans tous les cas. Des gestionnaires et des leaders veulent contribuer au développement de leurs employés, il y en a beaucoup. Mais cela peut arriver.

Pensez toujours à la suite, au prochain projet, au nouveau défi. Cela ne veut pas dire pour autant qu’il faut changer de poste ou d’organisation. Parfois, cela nécessaire. Parfois, il faut simplement redéfinir son carré de sable en mettant en avant ce que vous pourriez faire grandir au sein de l’organisation comme le ferait un intrapreneur.

Le grand comédien et metteur en scène, Paul Buissonneau, le disait si bien : « Ne comptez jamais sur rien, ne restez ni sur un échec, ni sur un succès. Commencez toujours autre chose, c’est la suite qui compte ». 

Il n’y a finalement rien de mal à être impatient. Il faut juste être plus rusé que le lièvre de La Fontaine.

POUR SAVOIR où L’ON VA, IL FAUT SAVOIR D’où L’ON VIENT !

Daniel H. Lanteigne, ASC, C.Dir., CFRE, CRHA
Consultant en philanthropie, gouvernance et ressources humaines